DE LA DOUCEUR, suite pour 7 interprètes

Initialement créée pour un couple de performeurs, les étreintes agitées de la performance De la douceur, réalisées en 2019, se jouent à plusieurs dans De la douceur, suite pour 7 interprètes,  depuis 2020. Pauline Lavogez en enregistre les mouvements en plan fixe, caméra posée sur le toit d’un bâtiment de la défense où est logé son atelier. Face à la rigidité et à la froideur formée par la combinaison du béton et du verre d’un immeuble de bureau, les corps mouvants des performeurs palpitent, se lient et se défient. Pas d’horizon, aucun point de fuite ne permettent d’échapper aux effusions de cette meute. L’atmosphère est étouffante, le son semblable à un pouls déchaîné. Pauline Lavogez filme le désordre des humains face à l’ordre lisse des bâtiments érigés pour les héberger. Il n’est plus seulement question des agitations tumultueuses d’un couple mais de l’ensemble des relations qui se trament dans nos vies, à l’oeuvre derrière les vitres de ces tours ; de l’ambiguité et de la complexité du corps collectif uni, puis déchiré l’instant suivant. Par cette danse viscérale dont le centre de gravité est en perpétuel chavirement, Pauline Lavogez saisit l’humanité dans ses conflits et ses désirs.

Mathilde Hivert